Le portrait de Manu: travailler dans l’informatique et les nouvelles technologies quand on est déficient visuel.

Q : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Qui êtes-vous ? Quel est votre handicap ?

R : Je m’appelle Manu. J’habite en Isère, à Saint-Marcellin, mais je suis natif de Normandie. Je suis déficient visuel, aveugle de naissance.

Le handicap, je l’ai intégré, il ne me définit pas. Au-delà de ça, je suis une personne qui fait tout un tas de choses.

Aujourd’hui, je travaille avec des gens qui apprennent après coup que je suis déficient visuel. Je ne le mets pas en avant de moi-même. J’estime que ce n’est pas super important. En tout cas, c’est mon avis.

Q : Quel a été votre parcours jusqu’ici ?

R : J’ai eu une scolarité plutôt basique, en école spécialisée. Ce sont mes parents qui l’ont choisie, alors que ce n’était pas forcément ce que je voulais (je m’en suis rendu compte plus tard).

Cela dit, j’ai été en internat, ce qui m’a appris beaucoup de choses, dont vivre loin de ma famille. L’internat peut être très bénéfique dans certains cas. Malgré tout, ç’a été très long, du CE1 jusqu’à la seconde.

Il faut dire aussi que j’avais envie d’être en « intégration », autrement dit, de vivre une scolarité en milieu ordinaire avec un suivi effectué par des personnes spécialisées dans le handicap. Mais mes parents ont eu le dernier mot et je n’ai pas eu cette possibilité.

En maternelle, j’étais en classe ordinaire en milieu ordinaire. Au CP, j’ai continué en école ordinaire, mais dans une classe spécialisée au Havre. Ma primaire et mon collège se sont faits à Rouen, et le lycée à l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles) à Paris. C’était un peu l’école de référence, à l’époque, quand on était en situation de handicap visuel.

Être scolarisé sur Paris a été très compliqué, parce que je n’en avais pas envie, et parce que je n’aimais pas la ville et n’avais aucune volonté d’apprendre à la connaître. Par ailleurs, ma deuxième seconde a été catastrophique

J’ai cependant eu la chance, en fin d’année scolaire, de faire la visite d’un établissement professionnel qui mettait en avant les formations liées à la technologie et à l’informatique. Ç’a été un gros déclic, ça me plaisait !

Mais on m’a mis un stop : mon niveau n’était clairement pas suffisant du point de vue scolaire. Néanmoins, à partir de ce moment-là, j’ai eu un but

À l’INJA, il y avait une classe spéciale qui permettait de remettre les enfants à niveau en fonction de leur projet scolaire. Ça n’a pas été facile, parce qu’il y avait des enfants qui avaient un niveau bien inférieur au mien et qui n’avaient pas forcément d’objectif. Mais les profs étaient bons et pédagogues et ils m’ont donné envie d’apprendre.

Mon gros problème était les maths
 Toutefois, la prof de maths était excellente et en un an, j’ai atteint le niveau visé, celui de la première S.

J’ai pu rentrer à Guinot, le centre de formation professionnelle qui se trouvait à Villejuif, où j’ai fait une prépa en informatique, avec encore une fois une grosse mise à niveau en maths, une initiation à l’algorithme, une mise à niveau en anglais et du français. Et cela, pendant un an.

Après deux années supplémentaires de formation « développeur informatique », je me suis installé à Grenoble. J’y ai fait un stage de fin de cursus à l’IUT2, suite auquel j’ai rapidement été embauché en CDD.

D’ailleurs, pour l’anecdote, pour mon stage de fin de formation qui devait durer trois mois, je me trouvais à Villejuif quand j’ai sollicité l’IUT2. J’y suis clairement allé au culot. J’ai juste dit que je cherchais un stage et on m’a demandé de venir passer un entretien. J’ai fait un Paris-Grenoble en une journée, ma canne blanche, mon sac à dos et mon ordinateur comme compagnons de voyage. Je tentais le tout pour le tout !

Je suis rentré dans le bureau du responsable informatique qui m’a demandé si j’étais la personne pour le stage. J’ai répondu que oui, et là, il m’a demandé comment c’était possible, comment je pouvais bien me débrouiller en informatique ? J’ai donc sorti mon ordinateur, je lui ai montré quelques petites choses et il m’a dit que c’était bon, j’étais pris.

Je ne sais pas si je retenterais le sort aujourd’hui, mais en tout cas je remercie Paul Chôma pour la chance qu’il m’a laissée. C’était vraiment sympa de sa part, surtout que j’aurais dû le prévenir à l’avance. Mais il m’a quand même laissé lui montrer ce dont j’étais capable.

Q : C’était un peu un coup de poker.

R : Il y a une vraie méconnaissance du handicap, et si on n’y va pas au culot, c’est très difficile. Si l’on met tout de suite en avant le handicap, ça met un frein. Les gens ne sont pas prêts à passer au-dessus. Et je le comprends ! Ça n’a pas de sens de simplement chercher à remplir des quotas, il faut que la personne fasse ses preuves, c’est évident. Mais il faut aussi qu’on nous laisse notre chance. Quand la voie n’est pas tracée ou mal tracée, quand toi tu arrives avec la meilleure volonté du monde mais que, en face, la personne est bloquée par le handicap, c’est difficile de convaincre.

Q : Comment s’est passée l’insertion dans le monde professionnel ? Est-il facile de se lancer professionnellement dans le monde de l’informatique et des technologies quand on est déficient visuel ?

R : À la fin de mon CDD, j’ai beaucoup cherché, je me suis battu pour retrouver un emploi. Une autre opportunité s’est finalement présentée, celle d’aller travailler au Futuroscope en tant que guide, dans le cadre d’un parcours qui se faisait entièrement dans le noir. C’était très loin de ce que je faisais auparavant mais l’expérience a été tout aussi intéressante. Je rencontrais de nouvelles personnes tous les jours et j’ai beaucoup évolué moi-même. J’ai notamment appris à m’exprimer devant un public alors que j’étais très timide.

Un vrai échange se créait autour du parcours puis, plus globalement, autour du quotidien quand on a un handicap visuel. Le but était réellement la sensibilisation des gens grâce à un parcours ludique. Ces derniers repartaient au bout du compte avec une autre vision du handicap visuel.

Après deux ans, je suis revenu sur Grenoble. J’ai fait une formation détiopathe animal canin (aujourd’hui, ostéomécanique) que je n’ai pas pu terminer à cause de considérations financières. J’ai par la suite fait une formation de comportementaliste et je me suis mis à mon compte pendant deux ans, avant d’arrêter parce que la formation était mal connue et les gens du milieu très virulents.

En 2014, j’ai monté mon association, DVRGV (Découvrez la Vie Réelle, Grâce au Virtuel), qui a été un tremplin à ce que je fais aujourd’hui. Elle visait à réaliser des reportages sonores en immersion. On a en outre créé une webradio pendant deux ou trois ans. Cependant, on a été quelques peu piétinés et j’ai décidé de lâcher l’affaire pour ne pas gaspiller trop d’énergie là-dedans. Finalement, je suis sorti du monde associatif pour travailler à mon compte.     

Q : Qu’est-ce que DPKprod ? À qui est-ce que ça s’adresse ?

R : Aujourd’hui, je travaille pour moi, dans le cadre de DPKprod. Je fais de la production audio : de la création d’habillages sonores et musicaux, de la voix-off, beaucoup d’enregistrements, de mixage et de mastering de musiques pour des artistes, des podcasts, etc.

Côté informatique, je fais de la programmation pour différents projets.

Je suis seul dans ma micro-entreprise. Je travaille néanmoins avec pas mal de monde dans le cadre de projets qui rassemblent plusieurs autres autoentrepreneurs. Le projet Fastboard qui vise à rendre accessible le logiciel de musique Logic Pro sur Mac, me demande par exemple de m’associer avec Lucas Volpi qui est formateur en bureautique : lui, il a les idées et moi, j’ai les compétences pour les mettre en développement. Il est le porteur de projet, je suis l’exécutant !

Le premier gros projet que j’ai mené à bien, pas très excitant mais assez formateur, c’est encore une fois parce qu’on m’a laissé ma chance. C’est Claude Morel, d’Inno-Visu, une start-up qui vise à mettre en service un appareil pour aider les personnes âgées à apprendre le braille qui m’a sollicité. Cet appareil s’appelle AB-Vocal et vient de sortir. Il fonctionne à l’aide d’un système vocal qui, en fonction du bouton sur lequel on appuie et la durée de la pression, délivre des messages. J’ai donc été en charge de créer ces plus ou moins 700 messages.

Quoique redondant, l’exercice était plutôt pas mal pour débuter dans le domaine. Ça m’a permis de me lancer et de me faire connaître.

J’ai aussi réalisé un podcast pour la start-up PANDA Guide qui est actuellement en train de développer un tour de cou capable de détecter les obstacles et d’aider les personnes mal ou non voyantes dans leurs déplacements. J’ai par ailleurs produit quelques habillages musicaux pour des chaînes YouTube ou pour d’autres podcasts, ainsi que quelques enregistrements de jeunes talents ou de talents locaux. Je peux par exemple citer une jeune artiste de Saint-Hilaire, Katia P, Miss Clam’s d’Ardèche ou encore un groupe de Voiron, Lehahiah.

Je ne suis pas très actif en com’, c’est un tort. J’ai encore peu de clients mais ma fierté c’est que tout ce que j’ai pu réaliser jusque-là vient du bouche-à-oreille. Donc avec un peu plus de communication, ça devrait marcher !

Q : Comment s’est construit la relation au monde de l’audio ? Vous êtes vous-même musicien, il me semble.

R : Oui, exact. Je fais du clavier, du piano et du saxophone. J’ai commencé à 5 ans. Je n’imaginais pas en faire mon métier et après avoir essayé de faire de la scène, j’ai compris que ça ne me plairait pas.

Je ne suis pas meilleur que les autres, pas du tout. Mais on n’a pas les mêmes attentes, du moins avec les gens que j’ai rencontrés. Souvent, les répétitions étaient très récréatives et ce n’était pas ce que je recherchais. Je ne suis peut-être pas tombé sur les bonnes personnes, mais l’expérience ne m’a pas donné envie de poursuivre sur cette voie. Ce qui ne veut pas dire que je ne ferai pas quelques scènes en piano-voix avec mes artistes à l’avenir. Toutefois, ça s’arrêtera là. Par contre, ce que je peux faire, ce sont des génériques pour des podcasts ou des chaînes YouTube, ou bien des bandes sons.

Ma mission principale, c’est de créer des instrumentales sur lesquelles d’autres chanteront. S’ils le souhaitent, ils peuvent venir enregistrer ici, dans mon studio. Après quoi, je m’occupe du mixage et du mastering avant diffusion sur les plateformes.

Les derniers contrats que j’ai eus, ce sont des gens qui enregistrent leurs instruments et qui attendent de moi que je crée quelque chose à partir de cette base qu’ils me transmettent.

Je pourrais très bien essayer de me faire embaucher dans un studio professionnel, avec du matériel de qualité et un fonctionnement bien rodé, et où, parce que les prestations sont chères, les artistes ne perdent pas de temps et enregistrent sitôt arrivés. Mais j’apprécie le côté coaching, les échanges et l’aspect petit groupe.

Q : Par curiosité, comment composez-vous ?

R : Je compose sur clavier Midi, un clavier de piano avec seulement des touches et relié à un ordinateur. On appelle ça de la MAO, de la musique assistée par ordinateur. J’enregistre sur un logiciel dédié, pour ma part Logic Pro, piste par piste. Ça prend moins de place qu’un piano classique et en même temps, je peux avoir des sons de vrai piano.

Q : Comment appréhender les outils informatiques et de nouvelle technologie quand on est malvoyant ou non-voyant ?

R : Les premières fois que j’ai mis les mains sur un ordinateur, c’était sur DOS, donc autant dire que ça remonte ! Il y avait un logiciel de traitement de texte et une vieille synthèse vocale toute pourrie
Vous comprendrez que ça n’a pas été la meilleure expérience du monde.

J’ai fait quelques séances d’apprentissage à l’internat, en activité périscolaire. J’ai rapidement lâché l’affaire

Puis en 4e ou 3e, on m’a présenté un bloc-note braille, le Cliobraille, sur lequel je pouvais écrire et stocker des documents, avec un calendrier, une calculatrice, un dictionnaire, mais pas d’accès à Internet. J’ai commencé là-dessus et j’ai trouvé la prise en main sympathique. Arrivé à l’INJA, on m’a prêté un ordinateur et on m’a formé. J’ai à nouveau travaillé sur DOS mais, je m’en suis vite lassé, ayant déjà tout exploré. En milieu de seconde, j’ai appelé CECIA, une société qui vend du matériel adapté pour les personnes déficientes visuelles, parce qu’ils proposaient une version d’évaluation à Jaws (synthèse vocale pour Windows). Ils m’ont envoyé le logiciel, je l’ai installé chez moi et j’ai pu commencer à découvrir ce qu’on pouvait faire sur Windows avec cette synthèse vocale.

J’ai été conquis ! J’ai passé mes journées, parfois mes nuits, à appréhender Windows 98.

Je n’ai pas eu de difficultés d’apprentissage de la bureautique, même en apprenant seul. Puis ensuite, j’ai fait Guinot, donc j’ai pu me perfectionner, même si, en réalité, j’ai beaucoup appris par moi-même, sur Internet. J’y ai notamment appris l’algorithme, c’est-à-dire la base de la programmation. Même aujourd’hui, je continue à auto-apprendre, malgré le temps nécessaire pour prendre tel logiciel ou tel outil en mains, parce que j’ai toujours un but au bout et que je m’y mets à 100%.

Pour donner un exemple, en 2007, j’avais envie de jouer avec la télécommunication, créer des serveurs vocaux, etc., et pour ce faire, il fallait obligatoirement passer par LinuX, un environnement de lignes de commande. Je m’y suis mis à fond et j’ai appris. Pareil pour appréhender le Mac, quand mon Windows est tombé en panne. J’avais un iPhone à ce moment-là et je me suis dit que je pouvais continuer sur cette voie et passer sur Mac. Ça a été difficile, mais en deux ou trois semaines, je me débrouillais pour les fonctions de base.

Je n’ai finalement jamais eu trop de mal à prendre en mains les outils informatiques.

Q : Que pensez-vous de l’accès aux nouvelles technologies pour les personnes déficientes visuelles ? Les réseaux sociaux, les applications et les sites Internet sont-ils accessibles ?

R : Il y a eu de gros progrès ces 15 ou 20 dernières années, même s’il reste toujours des choses à améliorer. J’ai toujours dit que les vrais problèmes ne résidaient pas dans la technologie mais dans les gens eux-mêmes. Tu auras beau avoir le meilleur ordinateur, le meilleur téléphone, une borne SNCF accessible et vocalisée, si tu n’as personne pour t’aider, t’embaucher ou te guider, la technologie ne sert à rien.

Aujourd’hui, il existe beaucoup d’appareils. Selon tes besoins, tes capacités d’adaptation et d’apprentissage, ta capacité à intégrer l’environnement électronique, tu as le choix ! Prenons l’exemple de l’ordinateur : en termes de synthèse vocale, tu as NVDA ou Jaws sur Windows, Voice-Over sur Mac, qui te permettent d’avoir accès à un environnement « débridé ». D’un autre côté, il existe aussi des environnements plus contrôlés, comme Mobile Accessibility, sur téléphone, qui te permettait de téléphoner, envoyer des messages, éventuellement de calculer, d’avoir un calendrier et un carnet de contacts, et c’est tout. Contrairement à Talk sur Nokia, grâce auquel tu pouvais avoir accès à 95% du téléphone et de ses fonctions. L’idée c’est d’installer une surcouche sur le système de base pour que la personne déficiente visuelle soit enfermée dans un environnement graphique très restreint afin qu’elle ne se perde pas dans les différentes fonctionnalités de l’ordinateur ou du téléphone. C’est ce qu’on a sur ordinateur pour avoir seulement l’éditeur de texte, un lecteur de mail et un lecteur multimédia. Et ça s’arrête là.

En fait, tout est possible, de l’environnement ultra-élargi avec tout un tas d’applications, à un environnement contrôlé très restreint. Selon tes besoins, tes capacités ou tes envies, tu peux vouloir avoir l’un ou l’autre, ou un entre-deux (pour ne pas se contenter des extrêmes), avec une sélection de fonctionnalités qui te sont vraiment utiles. Ça, ça se passe sur LinuX et la société Hypra.

Concernant les applications et les réseaux sociaux, sans parler d’être accessibles, je dirais qu’ils sont utilisables. Encore une fois, il faudrait redéfinir l’« accessibilité », mais du moins sont-ils relativement confortables. On peut utiliser Twitter, Facebook ou Instagram, on peut quasiment tout utiliser sur mobile. Par contre, en termes d’ergonomie, on repassera

Notons quand même que les développeurs font de plus en plus d’efforts pour rendre les applications accessibles. La technologie évolue avec, notamment, la reconnaissance de caractères ou la description d’images en temps réel qui s’imposent doucement mais sûrement. Instagram s’y met de plus en plus, lentement malgré tout, surtout en comparaison de Twitter dont les premières versions étaient déjà utilisables.

Pour les sites Internet, c’est pareil, ça dépend des gens qui sont derrière. Les outils existent pour faire en sorte qu’ils soient davantage accessibles, comme certaines fonctionnalités demeurent peu ergonomiques. En même temps, si la personne qui utilise le site Internet est plutôt familière des environnements contrôlés, sans doute qu’elle aura quelques difficultés à naviguer sur Internet. Citons l’exemple du site web de Facebook qui est, pour le coup, une catastrophe

Q : Est-on pris au sérieux quand on propose des services informatiques alors qu’on est non-voyant ? Le précisez-vous ?

R : Sur mon site Internet et mon CV, mon handicap est précisé. Mais il n’est pas mis en avant.

Je propose des prestations et je me vois mal aller dire aux gens : « Je vous propose de vous enregistrer, par contre je vois rien. » Je préfère donner des exemples de ce que je sais faire, pourquoi pas leur donner des conseils par rapport à ce que les personnes m’ont préalablement envoyé. Puis les gens signent ou ne signent pas.Bien sûr, si l’échange se fait en face-à-face, ils sont directement confrontés au handicap ; si l’échange se fait à distance, ils ne se rendent pas forcément compte. Certaines personnes avec qui je travaille depuis un moment ne le savent toujours pas, par exemple.

Pour moi, le handicap n’est pas un trait de caractère. J’estime ne pas être défini par la déficience visuelle. Je suis comme je suis : je suis métisse, je suis grand, etc. Ça, ça me définit. Mais pas mon handicap.

Devant un ordinateur, ma compagne est plus handicapée que moi. En fonction de ce que tu fais, tu te retrouves en situation de handicap par rapport à une autre personne. Et ce n’est pas parce que telle personne ne voit pas qu’elle n’arrive pas à se débrouiller sur un ordinateur ! En fait, c’est parce que l’informatique, ce n’est juste pas son truc.

On est tous différents, on est tous handicapés les uns par rapport aux autres.

Alors, oui, il me faut un poste de travail adapté, je dois repérer les lieux si je travaille en entreprise
Mais c’est tout !

Évidemment, je n’irai pas postuler à un poste de chauffeur de taxi. Si je postule à un poste, c’est que je sais que je suis en mesure de l’occuper, avec plus ou moins d’adaptations, aussi bien, et peut-être mieux, qu’une personne valide. Même si, à nouveau, ça me demande deux fois plus de boulot que cette même personne valide. Mais c’est toujours le cas ! On n’a pas le choix de faire plus. Ou d’essayer, tout au moins. Les gens veulent toujours des preuves sur ce qu’on sait ou ne sait pas faire.

Donc non, je ne mets pas mon handicap sur la table. Si effectivement on parle de développement logiciel, on va parler techniques, concepts, interfaces, et à un moment donné, sera évoqué l’aspect graphique. Et là seulement je préciserai que le domaine graphique, c’est pas pour moi parce que je suis déficient visuel.

Dans mon projet perso sur lequel je travaille en ce moment et qui est un projet de gestion clientèle, accessible pour les personnes déficientes visuelles et les valides, j’ai fait appel à quelqu’un pour le design, du coup l’application est accessible à tous.

Q : Cette confiance en vous-même et en vos capacités a-t-elle mis du temps à se construire ?

R : Cette confiance en mes capacités, je l’ai acquise. Ce sont mon passage au Futuroscope et l’expérience construite au fil des années qui m’ont permis de m’affirmer.

Quand tu arrives à avoir des clients sans faire particulièrement de com’, c’est sans doute parce que ce que tu fais, c’est pas si mal ! Je ne svois pas pourquoi je ferais moins bien que quelqu’un d’autre. En tout cas, aujourd’hui, j’en suis convaincu. J’ai toujours été quelqu’un de battant qui regarde devant. J’ai toujours eu envie d’entreprendre et de faire en sorte de réussir.

Q : Je crois qu’il existe un podcast ? Pour qui, pour quoi ?

R : Pour tout le monde, tous ceux qui aiment le son, qui aiment s’évader, qui veulent passer un bon moment. Pour apprendre aussi, car je crois que je transmets un certain nombre d’informations.

À la base, je voulais mettre en avant mes compétences pour démarcher les entreprises. Puis j’ai toujours des choses à dire et le format podcast me permet de les partager.

J’y parle un peu de tout, d’informatique, de domotique (le contrôle de l’électronique de façon intelligente), je peux proposer des balades sonores, des reportages qu’on me commande tel l’épisode du festival de Strasbourg. Je fais découvrir grâce à un système de prise de son immersif, comme lors de ma balade en kayak. L’idée, c’est de permettre aux gens de s’évader une quinzaine de minutes, d’apprendre et d’échanger. Pour que ça fonctionne, il faut mettre un casque ou des écouteurs, se poser sur son lit ou son canapé, et se laisser porter. Moi-même je me laisse surprendre quand je réécoute certains enregistrements. Dans l’épisode qui se déroule dans l’école primaire, je me projette encore aujourd’hui parmi les enfants à chaque fois que je le réécoute, grâce à cet environnement immersif.

Comme je le dis parfois, on est entre le livre et le film : d’une part, on retrouve l’imagination du livre, et d’autre part, on a la suggestion du film.

Maintenant, j’ai toujours un micro sur moi pour capter des petites choses. Je le branche sur mon téléphone et ça marche bien. Et même, pour l’interview de Colline, l’autrice que j’ai rencontrée pour parler de ses livres, j’ai simplement utilisé l’iPhone, sans micro, sans rien. Le son a certes été post-traité mais c’était plutôt propre.

Q : Quels sont vos futurs projets ? Une actualité à partager ? Où vous retrouver ?

R : J’attends la réponse d’un groupe voironnais pour travailler sur un EP de 5 titres pour du mixage, du mastering et de l’arrangement. J’ai toujours d’autres petits projets de compositions ou d’arrangement et d’enregistrement avec des artistes locaux.

Sinon, j’ai pris contact avec la SNCF pour réaliser des podcasts immersifs dans le but de mettre certains métiers en lumière. je croise les doigts pour que ça se fasse, étant un passionné de ferroviaire.

Je vais par ailleurs reprendre la série de podcasts que je réalise pour PANDA Guide, « les Coulisses de l’Usine ». Parallèlement, je devrais aider à lancer un autre podcast.

En informatique, j’améliore de jour en jour mon application de gestion clientèle, ainsi que le projet avec Lucas pour rendre Logic Pro accessible.

Si vous voulez me suivre, voici les liens grâce auxquels vous pourrez me retrouver :

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